mercredi 28 mai 2014

Tuez qui vous voulez d'Olivier Barde-Cabuçon

Hiver 1759. Alors que s’élèvent les fusées multicolores d’un splendide feu d’artifice donné par le roi à son bon peuple de Paris, un inconnu est assassiné dans une ruelle. C’est le troisième jeune homme retrouvé égorgé et la langue arrachée. Mais cette fois, la victime est russe.
Le commissaire aux morts étranges se charge de l’affaire dans une atmosphère aussi singulière que les meurtres dont il a la charge : les miracles se multiplient au cimetière Saint- Médard, et des femmes se font crucifier dans des appartements discrets pour revivre les souffrances du Christ ; les rues de Paris s’enfièvrent à l’approche de la fête des Fous qu’un mystérieux inconnu invite à ressusciter ; la cour, quant à elle, est parcourue de rumeurs au sujet du mystérieux chevalier d’Éon, secrétaire d’ambassade à Saint-Pétersbourg et, dit-on, émissaire du Secret du roi, une diplomatie parallèle mise en place par Louis XV…
Les tensions s’exacerbent dans les quartiers populaires. Sartine, le lieutenant général de police, craint des débordements car le peuple est seul maître de la rue. Quant au moine, oubliant son âge, il semble se laisser gagner par l’esprit de cette antique fête, où les fous deviennent sages et les sages fous.
La royauté est menacée, les interdits transgressés. L’ordre social est-il en train de s’inverser ? Le commissaire aux morts étranges garde la tête froide et mène l’enquête.




Mon avis:


Grand merci aux Editions Actes Sud et à mon ami "GdB" de m'avoir permis de lire ce 3e opus des enquêtes du Commissaire aux morts étranges.

Un très bon polar historique comme Olivier Barde-Cabuçon nous habitue à en lire. 
On est plongé direct dans le bain avec un meurtre qui fait trembler (le doute s'est insinué en moi, et j'ai tremblé, si si !) ! L'assassin ne fait pas dans la dentelle: il égorge, il arrache les langues... Très prometteur comme cadre !
Le Chevalier de Volnay et son moine de père ont du pain sur la planche et une lourde enquête à mener pour retrouver ce meurtrier avant que la capitale n'entende parler des horreurs qui se déroulent dans ses rues...

Toujours très documenté, ce roman nous fait découvrir quelques pans bien sombres et tordus de l'Histoire sur fond de Fête des fous.
L'écriture elle, est toujours aussi riche de détails qui donnent de la véracité au récit. La vie quotidienne du Paris fin XVIIIe est extrêmement bien relatée. On s'y croirait: c'est un Paris grouillant de vie et de personnages étranges: les jansénistes et leurs violentes cérémonies "religieuses" dédiées à la souffrance, les apothicaires et leurs mixtures/potions diverses... 
Et comme toujours, on apprends beaucoup de choses: j'ai particulièrement apprécié "l'anecdote" à propos de la Place de Grève et de l'expression "se mettre en grève".... Plutôt étonnant:
On se "mettait en Grève"(donc on allait sur la place de Grève) pour signifier que l'on cherchait du travail ! 

Une fois de plus, nous avons affaire à une "guest star": le jeune et mystérieux Chevalier d'Eon revenu de Russie se retrouve au coeur de l'affaire. Entre lui et Volnay, on sent parfois monter la tension. 
Soupçons, secrets bien gardés, vérité dissimulée... Difficile de bien s'entendre et de se faire confiance dans cette enquête riche en rebondissements.

Nos personnages préférés "s'étoffent" beaucoup dans cette aventure. Notre Chevalier de Volnay s'humanise enfin ! Ouf ! Même s'il garde encore beaucoup de réserve et de pudeur on découvre en lui un homme un peu moins "coincé", galant et bon. Quand à son père, épicurien génial, une sorte de mélancolie semble l'avoir gagné alors qu'il reconnaît en Hélène son double, son âme soeur... 
Tout ce beau monde a beaucoup mûri depuis les 2 premiers volets. 

En bref, le suspens est toujours au rendez-vous et dure jusqu'aux dernières pages.
Un très bon moment de lecture, un roman agréable et au rythme plus calme que les derniers pavés sanguinolents que j'ai lus !

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