samedi 7 janvier 2012

Crotte !

Une fois n'est pas coutume, je ne vous parlerai pas de lecture ou autre loisir. Non, cette fois ci je vais publier un billet pour râler !
Et dieu sait si le terme "râler" est faible !!!
Je n'ai pas seulement envie de râler mais plutôt envie de hurler et de taper !

Oui, la plainte qui va suivre me rendrait limite violente, méchante, voir psychopathe !
Je ne peux pas hurler devant la chose sinon je finirais direct à l'asile ! 

L'abjection dont je vais parler fait partie de la tête de liste de l'incivisme et de la mauvaise éducation !

Tout est dans le titre:

"crotte"

Je veux bien sûr évoquer, au nom de tous ceux et celles qui marchent dedans chaque jour: 
les merdes de chien ! 
(délicatement laissées sur les trottoirs et autres lieux de passage...)




Dans la petite ville où j'habite, mon quartier fait partie de ces endroits laissés à l'abandon car dénué de boutiques ou autres centres d'intérêt... Nous le constatons tous les ans: les décorations de Noël s'arrêtent avant notre rue, le déneigement de la chaussée paraît moins fréquent, l'entretien de la chaussée tout court inexistant !!! (Je sais que dans le village nous avons des cantonniers: je les ai vus ! Mais jamais, jamais, jamais, ils ne montent jusqu'à notre quartier ! Peut-être avons-nous affaire à une espèce d'être humain jamais vu auparavant, incapable de redescendre une côte après l'avoir gravie ? Mais ce sera l'occasion d'un autre billet ! Ne changeons pas de sujet, revenons à nos cacas canins !)
Donc, nos trottoirs sont tout simplement "minés" ! Il n'y a pas d'autre mot ! Si l'on sort de chez soi, où que l'on aille, la vigilance (hors celle liée aux dangers de la circulation en ville) est de mise. Il est absolument déconseillé de regarder au loin trop longtemps: il faut surveiller sans cesse ce sur quoi l'on risque de marcher...
Suis-je victime d'un coup de mou ?
En moins d'une semaine, une baisse de vigilance fit de moi la proie de ces immondes déjections:
par deux fois, je mis le pied dedans !

Que de colère dans ces moments là !
Inutile de vous donner un échantillon de tous les jolis mots qui  me passèrent par la tête !
Je pense que dans ces accès de rage intense, si je voyais le propriétaire de la boîte à crottes en question, je serais capable de lui mettre le nez dedans ! En moins violent, je me ferais un énorme plaisir à lui ramener la chose à son domicile... soit dans sa boîte-aux-lettres, soit en tartine sur son paillasson... J'hésite !

D'autres fois, la surprise se colle sous ma godasse à ma descente de voiture....
Car, les inciviques, s'ils sont détenteur d'un canidé aux intestins souvent irrités (crotte molle), sont hélas dépourvus de cerveau:
J'explique:
Primo, ils ne réfléchissent tout d'abord pas au fait qu'on ne fait pas chier son clébard dans un lieu privé, qu'il soit un parking ou un jardin ! La notion de "privé" leur est donc inconnue, tout comme celle de "caniveau" ou "canisette" d'ailleurs....!
Secundo, le fait que des automobilistes garent ici leur véhicule et sont donc avant de monter dedans des piétons qu'ils redeviendront en le quittant, ne leur effleure même pas l'esprit ! Un parking jonché de chiures canines est un vrai piège ! Quand on quitte sa voiture, on ne pense pas forcément que l'on va mettre les pieds dans la fiente ! Surtout si l'on sort les bras chargés et/ou l'esprit encombré ! Même problème pour monter en voiture: le propriétaire du chien l'a laissé faire ses besoins au pied de la portière, il faut donc faire preuve d'agilité et d'adresse pour éviter l'accident si vous l'avez vu à temps... Car tôt le matin, en hiver, la luminosité est faible........... La vision réduite......... 
Vous m'aurez comprise...
ça sent le vécu... et ça sent tout court !)

Au bas mot, et en voyant large, 50 mètres séparent mon domicile de notre voiture garée sur un parking privé. 
Eh bien il n'est pas rare de trouver au moins 2 spécimens d'excrément sur le chemin !



Mais que faire pour lutter contre ces preuves d'incivisme de plus en plus nombreuses ?


Inutile de s'en prendre aux malheureux toutous en leur administrant un bouchon rectal, c'est à leurs maîtres qu'il faut marquer l'esprit !
Hélas, je ne vois pas la moindre once d'espoir en la matière (fécale ?)
Gros Dégueulasses ils sont, Gros Dégueulasses ils resteront ! 
De plus, je n'ai hélas jamais eu la "chance" de prendre un Gros Dégueulasse sur le fait !!!
A croire qu'ils font exprès de faire chier leurs cleb's la nuit, quand personne ne risque de les voir ! Cela pourrait être un maigre début de preuve que les Gros Dégueulasses sont entièrement conscients de leurs méfaits !??

Mais toutes ces belles sentences et autres supputations, ne nous donnent pas de solution. Les esprits des fautifs sont imperméables aux cris d'alarme des pauvres victimes telles que moi dont la verve tombe dans l'anonymat, noyée dans l'infinie diversité du web !
Les campagnes de pub existent mais ne me semblent pas assez diffusées... Elles sont pourtant idoines et humoristiques ! J'ai même quelques souvenirs d'images un peu plus "trash" mais pas vues longtemps ! 
Cet odieux problème n'est pas prêt à prendre fin ! Nos concitoyens vont perpétuer cette abjecte manie du coulage de bronze urbain sans jamais être inquiétés. Les piétons, enfants ou adultes, handicapés via leurs roues de fauteuils, continueront donc d'être à la merci de l'incivisme à la moindre erreur d'attention ! Les bonshommes de neiges citadins et autres batailles de boules de neiges hivernales, fourrés à la merde vont perdurer tant que les cons vivront !

à bon entendeur...



mardi 3 janvier 2012

L'élégance du hérisson de Muriel Barbery




"Je m'appelle Renée, j'ai cinquante-quatre ans et je suis la concierge du 7 rue de Grenelle, un immeuble bourgeois. Je suis veuve, petite, laide, grassouillette, j'ai des oignons aux pieds et, à en croire certains matins auto-incommodants, une haleine de mammouth. Mais surtout, je suis si conforme à l'image que l'on se fait des concierges qu'il ne viendrait à l'idée de personne que je suis plus lettrée que tous ces riches suffisants.

Je m'appelle Paloma, j'ai douze ans, j'habite au 7 rue de Grenelle dans un appartement de riches. Mais depuis très longtemps, je sais que la destination finale, c'est le bocal à poissons, la vacuité et l'ineptie de l'existence adulte. Comment est-ce que je le sais? Il se trouve que je suis très intelligente. Exceptionnellement intelligente, même. C'est pour ça que j'ai pris ma décision : à la fin de cette année scolaire, le jour de mes treize ans, je me suiciderai."


Mon avis:

Il est des livres qui laissent en nous un doux parfum d'éternité. Celui ci en fait partie. Un des rares ouvrages que l'on referme, la larme à l'oeil en se disant que quelque chose s'est produit, là, au coeur de notre âme... Une de ces lectures capable de nous ébranler jusqu'à la moelle tant elle est délicate, juste et profonde...

Pas de mièvrerie ni de graissage de pattes dans mon commentaire élogieux ! Que nenni ! Je me suis, comme à l'accoutumée, bien gardée d'aller lire les commentaires des autres internautes au sujet de ce livre avant de venir écrire ce que vous êtes en train de lire, là, tout de suite maintenant !
Je vous livre mon émoi tel quel, à peine remise des larmes versées tant la fin de l'histoire est bouleversante !

Ce roman est une belle histoire. Des destins a priori complètement opposés qui vont se croiser, se comprendre, s'apprécier. Des réflexions intenses et recherchées, drôles ou émouvantes, toujours en finesse. Impossible de trouver les mots justes pour dire à quel point j'ai aimé cette lecture ! J'ai également appris des mots que je n'avais jamais croisés auparavant ! Le dictionnaire n'était jamais loin pendant que je tournais les pages, entre deux éclats de rires (ou deux mouchoirs froissés......!)
Quel plaisir que de faire la rencontre avec de si beaux personnages ! Intelligents mais discrets. Esthètes extra-lucides à propos du monde qu'ils partagent avec leurs semblables, Renée, Paloma et Kakuro, mais aussi dans un registre un peu différent Manuela, nous livrent avec leurs mots et leur sensibilité des pleines pages de perles sur le monde, la bourgeoisie, l'art, les études, les jeunes, etc...


Il apparaît alors, pour celles et ceux qui en auraient douté que l'intelligence n'est pas l'apanage de la beauté et de la richesse...
Il n'y a pas de règle en la matière ! Pas d'incompatibilité connue... L'intelligence semble peut-être plus facile à acquérir en autodidacte que la beauté !!! Hélas nos concitoyens sont plus sensibles à l'apparence qu'à la contenance !!!


Au sein de toutes ces intenses réflexions, ce livre est un poème enchanteur à toutes les beautés cachées de ce monde... Car je crois que c'est une des multiples petites choses précieuses qui me resteront de sa lecture:


la certitude que le beau, si l'on sait où regarder, est en toute chose ici bas et que sa contemplation est comme une cerise sur un gâteau: un instant de plénitude...