lundi 14 novembre 2011

Tag: le portrait chinois




Mon amie Didi a pensé à moi !!! Elle me cite afin que je réponde à ses questions pour me dévoiler sur la toile...
Sa première question me touche beaucoup, elle me fait sourire également, en souvenir de notre visite au Musée d'Art Moderne de Saint-Etienne ;-)



1- Si tu étais une œuvre d'art contemporain  ?


Alors je serais "STRONGHOLD" de robert Kusmirowski, exposée à la Sucrière dans le cadre de la Biennale d'Art Contemporain de Lyon
Un espace clos, où l'on ne peut pas entrer, d'où l'on ne peut pas sortir... Un fouillis de livres, de matériel d'imprimerie, des étagères, du bordel, du mal rangé, du bien rangé....
Un peu comme mon esprit !
Oui, c'est ainsi que je vois le contenu de ma boîte crânienne ! à la "Kusmirowski" !!!




2- Si tu étais une chanson enquiquinante ?


Alors là, j'hésite !
Il y en a tellement des chansons qui prennent la tête !
Mais là, je tiens LA perle des trucs qui donnent envie de casser le matériel qui nous entoure: attention les oreilles, les ordis vont voler dans tous les sens !
Renée la taupe "Mignon mignon"........................



Non, ne me remerciez pas !     




3- Si tu étais un art martial ?


J'ai un peu pratiqué le JUJITSU dont j'aimais beaucoup apprendre les différentes clés et qui me semblait être une excellente méthode de "self défense"... De plus, ce que j'aime particulièrement dans les arts martiaux, c'est la notion de profond respect qui fait tant défaut dans notre société, l'esthétique permanent qui se dégage des moindres gestes, la sagesse de la pratique et des grands maîtres...


Toutefois, si j'étais un art martial, je serais l'AÏKIDO, surtout pratiqué à haut niveau avec les belles tenues, le sabre aussi parfois...



4- Si tu étais une muse ?

Je serais CALLIOPE , muse de l'éloquence, de la poésie épique, du "bien dit"...
Ses attributs sont, entre autres, une couronne d'or, un livre, une tablette......tiens ? ils avaient déjà des ipads à l'époque ? 




5- Si tu étais un personnage marrant ? 

Alors je serais une version féminine de Gaston Lagaffe !
Je me sens tellement gauche parfois ! Un bon boulet comme on les aime (ou les déteste aussi !) doté d'une mémoire de poisson rouge et de la vue perçante de la taupe....!







6- Si tu étais une bonne action ?

Je serais une action humanitaire pour le secours aux victimes de catastrophe. 











7- Si tu étais une soupe ?

Sans hésitation une Soupe d'ORTIES !
Légère et délicieuse, excellente pour la santé...

Dans une cocotte, mettre une belle poignée d'orties fraîches, quelques pommes de terre coupées en morceaux, quelques têtes d'ail, un ou deux bouillons de poule ou de légumes.
Laisser cuire à la vapeur une dizaine de minutes, mouliner, se régaler !
Quand je pense au prix auquel cette soupe est parfois vendue alors que les orties sont disponibles gratuitement dans la campagne !!!!



8- Si tu étais un texte de dictée ?

J'aime la langue française: je la trouve belle, et il n'est pas aisé de la manier sur le bout des doigts !

J'ai choisi des paroles de chanson...
J'ai pensé à MC Solaar dont je trouve les textes particulièrement recherchés et travaillés...





"Caroline" de MC Solaar

J'étais cool, assis sur un banc.
C'était au printemps.
Il cueille une marguerite : ce sont deux amants.
Overdose de douceur.
Ils jouent comme des enfants.
Je t'aime un peu beaucoup à la folie passionnément.
Mais à la suite d'une douloureuse déception sentimentale,
D'humeur chaleureuse, je devenais brutal.
La haine d'un être n'est pas dans nos prérogatives.
Tchernobyl.
Tcherno-débile.
Jalousie radioactive.
Caroline était une amie, une superbe fille.
Je repense à elle, à nous, à nos cornets vanille,
A sa boulimie de fraises, de framboises, de myrtilles,
A ses délires futiles, à son style pacotille.
Je suis l'as de trèfle qui pique ton cœur...
L'as de trèfle qui pique ton cœur...
L'as de trèfle qui pique ton cœur...
Caroline...

Comme le trèfle à quatre feuilles, je cherche votre bonheur.
Je suis l'homme qui tombe à pic... pour prendre ton cœur.
Il faut se tenir à carreaux.
Caro, ce message vient du cœur.
Une pyramide de baisers, une tempête d'amitié,
Une vague de caresses,
Un cyclone de douceur.
Un océan de pensées.
Caroline, je t'ai offert un building de tendresse.
J'ai une peur bleue.
J'suis poursuivi par l'armée rouge.
Pour toi j'ai pris des billets verts, il a fallu qu'je bouge.
Pyromane de ton cœur,
Canadair de tes frayeurs,
Je t'ai offert une symphonie de couleurs.
Elle est partie, maso, avec un vieux macho
Qu'elle avait rencontré dans une station de métro.
Quand je les vois main dans la main fumant le même mégot,
Je sens un pincement dans son cœur, mais elle n'ose dire un mot,
C'est qu'je suis l'as de trèfle qui pique ton cœur...
L'as de trèfle qui pique ton cœur...
L'as de trèfle qui pique ton cœur...
Caroline...

Claude MC prend le microphone, genre love story raggamuffin
Pour te parler d'une amie qu'on appelle Caroline.
Elle était ma dame, elle était ma came, elle était ma vitamine,
Elle était ma drogue, ma dope, ma coke, mon crack, mon amphétamine,
Caroline...
Je repense à elle, femme actuelle, 20 ans, jeune et jolie.
Remet donc le film à l'envers, magnéto de la vie.
Pour elle, faut-il l'admettre, des larmes ont coulé.
Hémorragie oculaire.
Vive notre amitié.
Du passé, du présent, je l'espère, du futur,
Je suis passé pour être présent dans ton futur.
La vie est un jeu de cartes,
Paris un casino.
Je joue les rouges, cœur,
Caro...
Je suis l'as de trèfle qui pique ton cœur...
Caro


9- Si tu étais une pierre précieuse ?

Une émeraude, parce que cela rappelle la couleur de mes yeux !




10- Si tu étais une lettre ?

Je serais une lettre anonyme à quelqu'un que je n'aime pas ! Juste pour pouvoir me lâcher ! Un long et riche texte calligraphié de façon soignée, sans grossièreté, tout en finesse, en cynisme et en arguments fouillés... Avec une belle formule de politesse au bout, du genre: "Veuillez agréer, Untel, Unetelle, mes injures les plus sophistiquées..."
Oui, je sais... c'est pas beau une lettre anonyme, mais je suis sûre que rien qu'en écrire une ça doit faire du bien ! L'écriture a ce petit côté thérapeutique que j'adore...



11- Si tu étais un fil ?

Je serais un fil d'Ariane, toujours là pour retrouver son chemin...



12- Si tu étais un lieu ?

Le Périgord.

Parce que c'est beau,
Parce que c'est "nature",
Parce que ce n'est pas envahi de touristes,
Parce que les vaches y sont belles,
Parce qu'on y mange bien,
Parce que c'est plein de vieilles pierres, de vieilles églises,
Parce que j'adore cet endroit...




13- Si tu étais un peintre ?

Dali ! J'aime son grain de folie et son trait fin, précis et surréaliste...














Et maintenant, le plus dur reste à faire.....
Trouver du monde à tagguer !
Je ne suis pas une grande "surfeuse" sur la toile, mes contacts de blogs sont restreints !!!
Toutefois, je tente ma chance auprès des "cops" suivantes bien que je n'ai pas le souvenir d'avoir croisé des "tags" sur leurs sites:



Et si jamais elles ont le temps, je propose aussi à Dup et Phooka de Book en Stock de se prêter au jeu...

Voici donc une petite liste de question mûrement réfléchies....


Si tu étais....

1- un poème ?
2- un moyen de transport ?
3- une émotion ?
4- un magazine ?
5- un menu ?
6- une étoffe ?
7- une ville ?
8- une couleur ?
9- une matière enseignée au collège ?
10- un parfum/une odeur ?

Je laisse la main à celles (ou ceux) qui souhaitent répondre !


Et si personne ne veut ?

Ben tant pis !!!!!!










vendredi 11 novembre 2011

La délicatesse de David Foenkinos


"Il lui demanda ce qu'elle voulait boire. Son choix serait déterminant. François pensa : si elle commande un déca, je me lève et je m’en vais. On n'avait pas le droit de boire un déca à ce genre de rendez-vous. C’est la boisson la moins conviviale qui soit. Un thé, ce n’est guère mieux. A peine rencontrés et déjà s'installe une sorte de cocon un peu mou. On sent qu’on va passer des dimanches après-midi à regarder la télévision. Ou pire : chez les beaux-parents. Oui, le thé c'est incontestablement une ambiance de belle-famille. Alors quoi ? De l'alcool ? Non, ce n'est pas bien à cette heure-ci. On pourrait avoir boire d'une femme qui se met à boire comme ça, d'un coup. Même un verre de vin rouge ne passerait pas. François continuait d'attendre qu'elle choisisse ce qu'elle allait boire, et il poursuivait ainsi son analyse liquide de la première impression féminine. Que restait-il maintenant ? Le coca-cola, ou tout autre type de soda... Non, pas possible, cela ne faisait pas du tout femme. Autant demander une paille aussi, tant qu'on y était. Finalement, il se dit qu’un jus, ça serait bien. Oui, un jus, c’est sympathique. C’est convivial et pas trop agressif. On sent la fille douce et équilibrée. Mais quel jus ? Mieux vaut esquiver les grands classiques : évitons la pomme ou l’orange, trop vu. Il faut être un tout petit peu original, sans être toutefois excentrique. La papaye ou la goyave, ça fait peur. Non, le mieux de choisir un entre-deux, comme l'abricot. Voilà, c'est ça. Le jus d’abricot, c’est parfait. Si elle choisit ça, je l’épouse, pensa François. A cet instant précis, Nathalie releva la tête de la carte, comme si elle revenait d'une longue réflexion. La même réflexion que venait de mener l'inconnu face à elle.
"Je vais prendre un jus…
-... ?
- Un jus d’abricot, je crois."
Il la regarda comme si elle était une effraction de la réalité."

Mon avis:
Je comprends pourquoi ce livre a un tel succès ! Tout est dans le titre !
Tout n'est que finesse, douceur et délicatesse dans ce roman... De la poésie, de l'humour... Des personnages attachants et touchants... Une ambiance légère, un peu rêveuse... Tout est réuni pour faire de la lecture un moment de plaisir, comme une cerise sur un gâteau, de la crème dans un chou, une fraise tagada ou une cuillère de Nutella...
Nathalie et François se sont rencontrés par hasard. Ils se sont mariés, ils se sont aimés. Ils ont vécu un conte de fée, une vie idéale qui coulait comme un long fleuve tranquille puis il y a eu l'accident qui a brutalement mis fin à la vie de François mais aussi à la vie de couple idéale et enviée de Nathalie et François.
Nathalie va cheminer lentement dans le tunnel du deuil jusqu'au jour où elle va reprendre contact avec la réalité, le travail, le contact avec les collègues. Elle va reprendre une vie sociale, doucement et parfois difficilement.
Puis il y aura ce baiser. Dans son bureau, dans cette entreprise de mangeurs de petits pains suédois aux couloirs étouffés de moquette (ceux qui liront l'oeuvre comprendront !), avec cet employé modèle mais effacé: Markus.
Tout bascule dans la vie de ce dernier. Il tombe éperdument amoureux de Nathalie et tente par tous les moyens d'apprivoiser ses émotions pour se protéger. Car c'est bien connu: quelqu'un d'aussi insignifiant et quelconque ne peut pas partager la vie d'une si belle et charismatique femme !!! Et pourtant, malgré la jalousie de leur patron et les bruits de couloir, Markus parviendra à tirer son épingle du jeu (mais peut-on appeler ça une épingle ?..)
Les chapitres, courts, sont des instants de vie de tous nos personnages. Leurs émotions, leurs interrogations, leurs colères... Entrecoupés d'apartés aussi incongrus que loufoques: on trouve des résultats de matches, des citations de lecture ou de pièce de théâtre, plat du jour et autres définitions !
Une histoire ordinaire en fin de compte mais si poétique ! Comme une leçon pour nous dire qu'il est toujours temps de croquer la vie à pleines dents et de vivre le présent avec sincérité et un émerveillement de tous les instants...

Un livre à dévorer d'urgence !


En attendant le film...
Voici la bande-annonce: à première vue, cet échantillon du film a l'air de bien coller à la réalité du roman. Souhaitons que cette adaptation soit réussie ;)







jeudi 10 novembre 2011

BD Je, François Villon T.1 « Mais où sont les neiges d’antan ? » de Luigi Critone et Jean Teulé

 D’après le roman « Je, François Villon » de Jean Teulé

La BD, très réussie.
Le roman dans sa version "poche"





















RÉSUMÉ DE L'ÉPISODE Mais où sont les neiges d'antan?
Son père pendu, sa mère enterrée vivante, François Villon connaît les pires atrocités de la vie dès son plus jeune âge. Recueilli par le chanoine de Saint-Benoît, il est envoyé dans le meilleur collège de Paris. Mais à ses études, il préfère la poésie, l'hypocras et la fornication. Poète et ribaud à la fois, il commet tous les actes possibles, des plus sublimes aux plus abominables.


Mon avis:



Jean Teulé est un auteur que j’affectionne tout particulièrement. Je ne l’ai pas beaucoup chroniqué ici car j’ai lu pas mal de ses ouvrages bien avant la création de mon blog… « Je, François Villon » fait partie de ces oubliés de mes chroniques ! Et pourtant… C’est un de mes romans préférés de Teulé (Mes indétrônables numéros 1 restent « Le Montespan » et « Darling »)

« Je, François Villon » retranscrit efficacement la vie rebelle et débauchée d’un grand poète français qui serait né le jour de l’exécution de Jeanne d’Arc alors que son père pendait lui même au bout d’une corde… Plus tard, sa mère, amputée des 2 oreilles pour vol, sera enterrée vivante suite à un 3ème larcin… Le jeune François sera alors confié à un chanoine chez qui il sera nourri, logé, blanchi et ira à l’école.
C’est ainsi que François commence dans la vie.
Très tôt il montrera des penchants pour l’alcool, la fête, le sexe, le vol mais aussi des talents de poète capable de mettre en mots n’importe quel moment de vie…

Jean Teulé a cette plume incisive et chevronnée qui donne vie au texte et rend ses biographies hautes en couleur ! Le roman en est un brillant exemple ! La BD, elle, est une magnifique et « logique » mise en image de ce dernier. Cette adaptation suit parfaitement l’histoire et même si l’on a déjà lu le roman on ne  ressent pas de redondance ! Au contraire, on apprécie cette belle illustration.
Rien que la couverture : je trouve le trait magnifique et fin. En le regardant, c’est lui ! C’est François Villon ! Personne ne sait à quoi il ressemblait vraiment mais Jean Teulé s’est « approprié » l’image du trouvère et avec Luigi Critone, ils ont su nous le montrer !

Cette BD est très agréable. Moi qui préfère les livres aux « images à bulle » j’ai passé un excellent moment !

Juste un bémol :

C’est quand la suite ?
Parce que je n’en peux déjà plus d’attendre !

mardi 8 novembre 2011

L'ange du mal de Gilles Caillot


Lyon, été 2006.
Une série de meurtres, plus atroces les uns que les autres, sont perpétrés dans la capitale Rhodanienne. La police est sur les dents et Massimo Zanetti, capitaine de police à la Criminelle , est investi de l’enquête qui s’avère d’ores et déjà extrêmement compliquée, remplie d’énigmes et d’étranges indices laissés par le tueur sur les corps décomposés et mutilés. Satanisme, magie noire, tortures sexuelles et mentales… La traque du psychopathe l’emmènera jusqu’aux portes de la folie. Accompagnée de Julie Martin, la responsable de l’institut médico-légal de Lyon, dont il est toujours amoureux et de toute son équipe d’investigation, le capitaine Zanetti va mener la chasse dans la ville entière et nous emmener jusqu’aux plus profond d’un des lieux les plus mystérieux de la cité Lyonnaise : Les catacombes. Et ce n’est qu’un début. Réminiscence, sa suite, nous plonge dans l’horreur absolue.  
Extrait
 " Le cadavre était dans un sale état, à moitié décomposé. La peau cireuse était recouverte d’une matière verte, gluante. Des insectes, par centaines, avaient investi les orifices et les plaies béantes et se mouvaient frénétiquement dans les interstices. Les membres du macchabée semblaient prêts à se détacher du tronc et il put clairement distinguer les os jaunâtres apparaissant sous la chair. "



Mon avis :

J’ai acheté ce livre lors des Quais du Polar 2011 à Lyon ! J’avais parlé de Gilles Caillot sur un forum de thanatopraxie où nous échangions pas mal sur nos lectures…
Mr Caillot m’avait donc dédicacé mon exemplaire en me promettant que ce livre était « saignant ».

C’est le moins que l’on puisse dire ! Les scènes de tortures sont tout simplement abominables et dérangeantes…
Un roman à ne pas mettre en toutes les mains. Epouvantable à vous glacer le sang…
En effet, il faut être amateur du genre pour apprécier ce type de littérature. Moi, j’adore ! Je suis littéralement « fan ». Je trouvais, par exemple, que Sire Cédric et Franck Thilliez faisaient dans le gore, j’ai la joie de découvrir que Gilles Caillot vient s’ajouter à cette liste d’auteurs « saignants »

Il s’agit d’un premier roman. Il est réussi ! On « sent » l’écriture changer, s’affirmer au fil des pages. Les personnages s’étoffent.
Pour une fois, j’ai apprécié, dans un livre de ce genre, que les enquêteurs mènent (à priori..……) une vie personnelle presque « normale ». Ils ne sont pas complètement névrosés ou rongés par des problèmes divers et variés. Par exemple, cette tendresse entre le capitaine et la légiste. Mais je n’en dévoile pas plus car les relations des différents personnages évoluent énormément…

L’intrigue est bien ficelée. Par moment, tout de même, certains détails sautent aux yeux et on sait qu’ils vont être des indices cruciaux pour le déroulement de l’enquête. On devine aussi qui risque de finir entre les pattes du méchant… Mais cela ne nuit pas à la lecture : j’ai eu moi-même une peine infinie à fermer ce bouquin !!! (J’en profite pour remercier Mr Gilles Caillot pour le manque de sommeil dont il a été responsable chez moi ainsi que de la tête de déterrée que j’ai eue après une longue nuit de lecture.. !)
Cette intrigue donc : elle m’a beaucoup surprise ! Quelle idée ! Moi qui me demandait d’où sortait ce fameux « Maître » je n’avais rien vu venir !
La fin, elle, m’a tout d’abord laissée perplexe… Pas tout compris… Qui c’est ce type qui débarque ? D’où il vient ? Pourquoi on ne sait pas qui c'est ?
Du coup, je me suis sentie un peu roulée et mon avis sur le livre en prenait un coup… Jusqu’à ce que je comprenne qu’apparement, IL Y A UNE SUITE !!!!!!!! Hiiiiiiiiiiiii !!!!!
Ça m’a redonné le moral car du coup, c’est une fin « ouverte » et non « un soufflé qui retombe » !!!

Ce que j’ai adoré, c’est que ça se passe à Lyon, pas très loin de mon coin ! Je connais donc les quartiers, les rues citées, les villes voisines… C’est terrible pour illustrer l’imagination ! Et les catacombes !!! Je suis tombée des nues ! Je ne savais pas qu’on pouvait trouver de telles merveilles sous notre belle capitale des Gaules ! Quelle visite extra !
Et l'Institut Médico-Légal...(Haaaaa ! L'Institut Médico-Légal !!! Combien de fois y ai-je traîné mes guêtres pour assister à des autopsies lors de ma formation de thanatopractrice ??? Souvenirs, souvenirs !!! D'ailleurs, ça ne se passait pas tout à fait comme dans le livre.... mais là n'est pas la question... c'était MA séquence "émotion" !)

Le seul bémol doit certainement être imputable à l’éditeur ?
Il y a dans ce livre un grand nombre de « coquilles », elles sont très régulière, on finit vite par comprendre qu’on va en croiser jusqu’au bout ! Quel dommage ! Des fautes d’orthographes, des mots qui manquent, des phrases coupées par un saut « à la ligne »… ça pique un peu les yeux hein ???!

Pour résumer, pour les amateurs de viande fraîche:
livre "indisponible" pour le moment, mais si vous parvenez à le dégoter, ruez-vous dessus ! ;)

mardi 1 novembre 2011

Les visages écrasés de Marin Ledun


« Fascinée, je contemple de nouveau le semi-automatique. L’idée me traverse l’esprit de le retourner contre moi mais, encore une fois, Vincent n’est pas le problème. Il le sait, je le sais. Le problème, ce sont ces fichues règles de travail qui changent toutes les semaines. La tension permanente suscitée par l’affichage des résultats de chaque salarié, les coups d’œil en biais, les suspicions, le doute permanent. La valse silencieuse des responsables d’équipes, toujours plus jeunes et plus inflexibles. L’infantilisation, les sucettes comme récompense, les avertissements comme punition, les objectifs inatteignables. Les larmes qui coulent pendant des heures, une fois seul, mêlées à une colère froide qui rend insensible à tout le reste. Les injonctions paradoxales, la folie des chiffres, les caméras de surveillance, la double écoute, le flicage, la confiance perdue. La peur et l’absence de mots pour la dire. Le problème, c’est l’organisation du travail et ses extensions. Personne ne le sait mieux que moi. Vincent Fournier, 13 mars 2009, mort par balle après ingestion de sécobarbital, m’a tout raconté. C’est mon métier, je suis médecin du travail. Écouter, ausculter, vacciner, notifier, produire des statistiques. Mais aussi : soulager, rassurer. Et soigner. Avec le traitement adéquat. »
Un roman noir à offrir de toute urgence à votre DRH.

Marin Ledun a déjà publié sept romans (dont La Guerre des vanités, « Série noire », Gallimard, 2010 et Zone Est, Fleuve noir, 2011) et des essais dont Pendant qu’ils comptent les morts (La Tengo, 2010)…

Mon avis:

Tout d'abord, merci à mon amie Didi qui m'a donné envie de lire ce livre et me l'a même prêté ! 
Son avis était si noir que ça a titillé ma curiosité, me demandant ce qui avait pu à ce point l' "embarrasser" (le mot est peut-être mal choisi, ne m'en veut pas Didi ;-) ) Et puis, étant dans une phase de "boulimie livresque" j'avais très envie de lire un roman bien noir, bien lourd !
Autant l'annoncer tout de suite: je n'ai pas été déçue !!! C'est d'une noirceur au-delà de tout ce à quoi je m'attendais !
Quand je pense à la dédicace que Marin Ledun a faite sur ton exemplaire, Did, j'en serais presque "secouée" !!!
"Pariez sur les hommes et les femmes. Pariez sur la vie. Toujours."
Amicalement.
Marin Ledun
En ces temps de Toussaint, ça m'évoque plutôt une épitaphe ! Brrrr ! 
Et pourtant c'est la seule mention "positive" de ce livre !


On entre dans l'Histoire d'une plateforme téléphonique où le Dr Carole Matthieu est médecin du travail. Dès les 1ères pages entamées, 1er meurtre: celui d'un des salariés, Vincent Fournier. C'est Carole elle-même qui lui a tiré une balle dans la tête, un soir, alors que plus personne n'est sur les lieux...
Mais quel est donc ce monde imaginé par Marin Ledun où la seule panacée aux épouvantables conditions de travail que vivent les salariés est la mort ?
Carole a pensé à tout, elle sait que dorénavant son temps est compté avant que son geste ne soit découvert. Tuer Vincent Fournier avant qu'il ne se suicide est pour elle le seul moyen de le "réhabiliter" en tant qu'homme. Car au sein de la plateforme, plus aucun salarié n'est un homme mais un plutôt un outil que l'on façonne afin d'améliorer sans cesse son rendement, que l'on met au rebut dès le moindre signe de faiblesse... Dans cette entreprise, tout est déshumanisé, la moindre seconde inclue dans le temps de travail est exploitée pour le rendement! Point de pause café, ni de temps en arrivant le matin pour saluer les collègues, non, il n'est pas question gaspiller le temps passé au service de l'entreprise ! Des systèmes de prime au mérite sont mis en place et comme à la maternelle on félicite les "bons élèves" et l'on gronde les "mauvais"... On finit aussi par les humilier...
Les salariés concernés par ces brimades finissent par tomber dans la spirale infernale du stress engendré par le travail jusqu'à ce qu'ils ne deviennent que l'ombre d'eux-mêmes: dépressifs, amaigris, instables, à la limite du "burn-out"...

Le récit est alors très technique: c'est le médecin du travail qui parle... Elle n'a de cesse de dresser le tableau, de plus en plus noir de ce qui se passe dans les "dessous" de l'entreprise... Elle prend son métier à coeur et s'inquiète pour ses patients qu'elle voit sombrer les uns après les autres. Ses mises en garde auprès de la direction restent sans suite...

Parallèlement, Richard Revel, le flic, mène son enquête... Les suspects sont nombreux. La tâche est difficile, le chemin de la vérité jonché de cadavres, de traumatismes, suicides, agressions...

Au fil des pages, on comprend que le Dr Carole Matthieu a elle aussi été victime d'un agression sur son lieu de travail. Le traumatisme a laissé des traces indélébiles en elle... Pour tenir le coup, elle se drogue à outrance, ne mange plus, boit... Elle aussi est une salariée comme les autres, victime de la pression qu'exerce la direction sur ses employés.... Mais surtout victime de l'indifférence de tous ces hauts placés qui ne pensent plus qu'au profit au dépit des humains et de leur sécurité...

Les enquêtes de Carole et Richard s'avèrent difficiles, elles se recoupent parfois. Chacun fait ses conclusions sans en parler à l'autre... Carole veut prouver au grand jour que tous dans l'entreprise sont responsables de la mort de Fournier; Richard n'a besoin que d'un seul coupable... Plus les enquêtes avancent, plus les secrets et détails sordides sont révélés... L'autre "Histoire" de l'entreprise est sordide et fait froid dans le dos...

C'est un roman qui colle hélas trop bien à l'actualité et à notre époque en général...
Mais où est l'espoir que Marin Ledun évoque dans sa dédicace ?
Car il ne semble y avoir que la mort pour que les âmes torturées des salariés malmenés trouvent enfin la paix...