lundi 21 juin 2010

La chambre des officiers, Marc Dugain



La Chambre des officiers est un roman de Marc Dugain publié en 1998 et ayant reçu le Prix des libraires et le Prix des Deux Magots l'année suivante. Il sera adapté au cinéma deux ans plus tard sous le titre homonyme par François Dupeyron.

"La guerre de 14, je ne l'ai pas connue. Je veux dire, la tranchée boueuse, l'humidité qui traverse les os, les gros rats noirs au pelage d'hiver qui se faufilent entre les détritus informes, les odeurs mélangées de tabac gris et d'excréments mal enterrés, avec, pour couvrir le tout, un ciel métallique uniforme qui se déverse à intervalles réguliers comme si Dieu n'en finissait plus de s'acharner sur le simple soldat. C'est cette guerre-là que je n'ai pas connue."
Dans les premiers jours de 14, Adrien F, lieutenant du génie, est fauché par un éclat d'obus sur les bords de la Meuse. Défiguré, il est transporté au Val-de-Grâce où il séjournera cinq ans dans la chambre des officiers. Au fil des amitiés qui s'y noueront, lui et ses camarades, malgré la privation brutale d'une part de leur identité, révéleront toute leur humanité. De cette épopée dramatique, émouvante, mais drôle aussi parfois, on retiendra que des blessures naît aussi la grâce.


Mon avis:

Je suis tombée sur le film par hasard il y a quelques mois et j'avais été subjuguée par la "beauté" de l'histoire, si émouvante et juste...

Habituellement, je préfère lire les livres avant de voir les films ! Et bien là, je n'ai pas été déçue, plutôt surprise, agréablement d'ailleurs, car le film et le livre sont sensiblement différents sans se nuire l'un à l'autre.

Première chose que j'ai apprécié: pas de longueurs inutiles dans ce roman...
ça ne traine pas, pas de futilité ni de lourdeurs: on est dans le vif du sujet, Adrien doit partir servir son pays dans le Génie, sur le quai de la gare il rencontre une jeune femme avec qui il passe une dernière nuit de liberté et l'image de cette jeune femme, Clémence, va le "hanter" durant des années...

Puis plus tard, à peine sur le terrain, avec d'autres soldats à qui il demande de se taire de peur de se faire repérer, Adrien ressent un violent choc au visage... il ne comprend pas ce qui se passe ni ce qu'il voit...
Trou noir...
Douleur, transport... et je vous raconte pas la "gueule" des ambulances !!!!! Nos chers soldats et officiers blessés à la guerre étaient empilés dans des camions, charriés comme des carcasses chez le boucher !
Et en fin de compte, c'est un peu de cela qu'il s'agissait !
Mais je m'égare !

Nous suivons alors le long chemin de croix d'Adrien, premier blessé au visage à la guerre, sans avoir combattu...
5 longues années d'hospitalisation, ponctuées de nombreuses opérations de chirurgie plus expérimentales que réparatrices, de rééducation pénible et douloureuse...
5 longues années agrémentées de rencontres et d'amitié, de vraies amitiés...
puis la fin de la guerre, le retour dans les familles, l'affront de la "vie de dehors" avec la gueule cassée, les invitations diverses et variées à des célébrations, opéras....

Et pour finir, cette joie de vivre qui fait de ces gueules cassées des "extra-terrestres" aux yeux des autres citoyens !

Extrait: "En ce genre d'occasion, notre petite communauté dégageait une joie de vivre qui surprenait ceux qui avaient toute leur bouche pour rire. Nous buvions, mangeons et fumions plus que de raison. Mais surtout, nous éprouvions ce sentiment d'extrême liberté qui est l'apanage de ceux qui sont débarrassés de leur image et qui ont retiré, du voisinage de la mort et de la cohabitation quotidienne avec la souffrance, cette distance avec ce qui rend l'homme si petit et si étriqué."


Puis les retrouvailles avec Clémence...
Puis le mariage....
Mais pas avec Clémence ! Et pourtant... mais là, chut ! pas de spoil !
Bref, la vie dans tout ses états, les amis, les amours, les emmerdes comme on dit !

Ce livre est une "belle" leçon de vie, un trèèès agréable moment de lecture... Un combat dans la souffrance, teinté d'humour...
Un livre que je vous recommande fortement Wink
En plus il est tout petit ! 171 pages chez Pocket ! ça se lit en un rien de temps !


4 commentaires:

  1. Contrairement à toi, je n’ai pas vu le film maistout comme toi, j’ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture.

    J’en profite aussi pour découvrir ton blog. A très bientôt!

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  2. Merci Alcapone pour cette visite et ce commentaire !

    au plaisir de te croiser ici !

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  3. Moi aussi, j'avais bien aime et comme tu dis il n'y a pas de longueurs et c'est appreciable

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